Ed Photos - Blog de Photographie
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Je suis comme vous, je cherche 3

Publié le : 12/11/2018

Je suis comme vous, je cherche...

   Cette rubrique concerne tous les sujets de réflexion possibles, identification de plantes, de fleurs, d'insectes, compréhension du comportement animal ou signification de mots. Votre aide y sera la bienvenue, le propos se devra d'être léger et ludique, mais le fond restera, autant que faire se pourra, sérieux et profond.
 

Des mangeurs souvent mangés !

Faute de mieux aujourd'hui, je cherche la petite bête. Une petite bête dont les représentants sont nombreux, porteurs de coquilles, dévoreurs de salades, familiers et pourtant souvent mal connus. 

En français, le nom vernaculaire qui désigne les gastéropodes à coquille est le terme « escargot », mais on les connait aussi sous d'autres surnoms : colimaçon, cagouille ou bien encore cagarol...

Bien que les cultivateurs, qui les craignent s'ils sont pesons, bulimes ou bien mourguettes, soient enclin à leur faire une chasse sans merci, ils font tous la différence entre ceux qui « ne servent à rien qu'à détruire les semis » et ceux que, gourmets dans l'âme, ces mêmes jardiniers verraient sans crainte voisins du persil plat à condition que se soit dans une assiette, avec du beurre et de l'ail, lorsqu'ils sont petits gris ou de Bourgogne !

      

 

 

Il y a des années que je partage le jardin avec eux et que j'admire leurs drôles d'yeux « périscopiques » et que je connais donc la plupart d'entre eux mais il y en a d'autres.

L'élégante striée, déjà, un petit gabarit, vivant en colonies de plusieurs dizaines d'individus, dernière étape avant les plus petits d'entre eux, ceux dont je vais vous parler aujourd'hui. Ceux-là sont minuscules, gris avec une coquille pointue, toujours immobiles et collés sur le mur du jardin, à même la pierre. Ce sont de très étranges escargots que ceux-là !

 

Cherchant à mieux les connaître, je fis quelques recherches et c'est alors que s'ouvrit devant mes yeux ébahis le monde fantastique de ces miniatures « encoquillées ». Les ayant trouvés, bien rangés entre les pages jaunies de l'encyclopédie, j'ai fait plus ample connaissance avec ces surprenants colimaçons.

S'il ne vous est pas déjà familier, voici le Maillot cendré ou plus

exactement Solatopupa similis. Souvent présent en groupe sur les pierres calcaires, les maillots cendrés ont une coquille cylindrique, pointue et finement striée. Presque invisibles tant ils se fondent dans le décor, ils passent une vie paisible sur les vieux murs. Plus surprenant encore, ils ont de proches parents, tout aussi petits, tout aussi intéressants !

Toujours à la recherche de sensations plus fortes les unes que les autres, munie de mon fidèle appareil photo, je pris l'habitude de les observer, espérant les surprendre en mouvement dans leurs activités quotidiennes et je parvins enfin à tirer le portrait d'une de ces minuscules créatures. Ah ! Que de joies et de bonheurs la nature n'offre-t-elle à nos grands yeux ébahis !

Les escargots Maillots n'ayant plus de secrets, ou presque, pour moi, mon attention fut attirée, un beau matin, par un gastéropode, ressemblant à un Maillot, qui escaladait avec vigueur la vitre de la serre dans laquelle je venais d'abriter les plantes fragiles qui passent l'hiver au chaud. Semblable ? Pas tout à fait ! Celui-ci, 14 millimètres environ, coquille pointue et en fuseau, était d'une couleur plus brune que cendrée.

Un Maillot mutant ? Un Maillot venu d'ailleurs ? Une découverte … ? Que nenni !

Un simple parent, déjà connu du naturaliste, répertorié et qu'il n'est exceptionnel de voir encore qu'à cause des ravages des pesticides et autres cochonneries que les jardiniers répandent partout depuis bien trop longtemps...

 

Rien de bien passionnant donc dans la présence de ce nouvel habitant du jardin, me direz vous. Eh bien si ! Si c'est bien ce que je crois que c'est, celui-ci, membre du groupe des Clausilies, a une histoire à vous raconter qui n'est pas commune ! Leucostigma candidescens, puisque c'est de lui qu'il est question, est un escargot originaire de la région des Apennins, que l'on ne trouve que près de Rome en Italie et dont une petite colonie fut découverte en 1903 par Georges Coutagne dans un recoin peu fréquenté des arènes de Nîmes. Il ne fallut qu'un siècle au Muséum National d'Histoire Naturelle pour déplacer des chercheurs qui constatèrent à leur tour, la présence en ces ruines, de Clausilies romaines.

Celles-ci sont, pense-t-on dans les milieux autorisés, arrivées là aux temps où les légions romaines visitaient notre beau pays, et qui n'avaient pas bougé depuis près de 2000 ans ! Des descendants directs des envahisseurs romains du temps jadis ? Ici, à Nîmes ? Et seulement dans les arènes ? Eh bien oui, ce n'est pas une galéjade, ni un conte à dormir debout !

Ce n'est cependant peut-être pas tout à fait vrai puisqu'il semble qu'il n'y en ait pas que dans les arènes mais aussi … dans mon jardin !

Sont-ce des clausilies romaines ou non ? Je ne peux l'affirmer pour l'instant mais je l'espère et, croyez moi, je cherche...

 

Commentaires

Mimiaud - le 23/11/2018 10:58
Je vois bien cette Clausilie Romaine arborer fièrement le beau casque de Gladiateur qui est en face... Qui sait peut-être sa soeur y est elle cachée !!
Ed Photos - le 23/11/2018 11:38
Question intéressante ! Y a-t- il eu des combats de Clausilies dans les arènes ? Une sorte de Cirque de Puces Savantes de l'époque ? Les historiens s'interrogent...
Fan inconditionnelle - le 15/11/2018 14:22
Très intéressant, maintenant on connait leurs noms ! Peut être que les clausilies de ton jardin parlent latin, qui sait :-)
Ed Photos - le 16/11/2018 10:08
Mon latin est rouillé, il me faudra réviser un peu avant d'entamer une conversation mais c'est une piste à creuser ! Merci à toi ! :)

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