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Humanité, vanité...

Publié le : 17/05/2021

Humanité, vanité...

Humanité, c'est le nom que s'est choisi une sous-espèce de mammifères terrestres pour se désigner.

Si ces mammifères sont le fruit d'une longue évolution, à l'échelle de la planète, ils ne sont que des nouveaux venus et ils semblaient à leurs débuts bien peu armés pour survivre dans ce monde cruel. Graciles et fluets, sans fourrure pour affronter le froid et simplement équipés de dents et d'ongles face aux muscles, aux crocs et aux griffes des autres occupants des lieux, leur sort semblait bien incertain. Contre toute attente, ils ont proliféré. Ils ont réussi à se hisser en haut de la chaine alimentaire et ont occupé tout l'espace et tous les habitats même les plus hostiles et cela se voit. Sur le fond des mers et des océans gisent et se décomposent lentement des navires de toutes générations. De vieux gréements en bois aux cargaisons diverses, des navires aux coques d'acier, couverts de peinture au plomb, des avions aux réservoir emplis de kérosène, jusqu'au sous marins à propulsion nucléaire, tout git par le fond en compagnie des tonnes de déchets encombrants qu'on à négligemment laisser couler en douce. Du cercle polaire arctique à la banquise antarctique, plaines, montagnes ou forets, rien n'a pas été épargné. Les humains s'y déplacent et avec eux un long cortège de nuisances. Des pesticides en quantité, des montagnes de déchets éparpillées de ci de là et des cimetières pour résidus radioactifs qui gâchent une partie du paysage. Les rivières sont devenues égouts à ciel ouvert, la terre a été bétonnée et goudronnée et l'air lui-même est devenu irrespirable quand le ciel, chargé de poussières, est devenu tout gris.

Pour couvrir plus de surface, las sans doute d'user ses chaussures, l'humain a inventé le vélo, la voiture, à cheval d'abord puis avec un moteur à explosion, très vite après, le train et l'avion et enfin la fusée. Pour mieux voir il s'est doté de lunettes, de loupes puissantes, de longues vues, de télescopes et de microscopes pour n'oublier personne. De l'infiniment grand à son opposé minuscule, tout intéresse ce grand curieux qui ne se lasse pas de farfouiller, chambouler et d'écrabouiller au nom de la science tout ce qu'il découvre. Mais les ressources pourraient venir à manquer sur terre où l'on sur-produit, sur-consomme et sur-gaspille tout ce qui passe à portée de main et déjà le regard concupiscent de ces insatiables consommateurs se porte vers le ciel.

Ah ! se poser sur la lune, réussir à quitter cette boule de terre trop étriquée, partir vers un ailleurs meilleur, voilà un nouveau défi tentant. Et déjà, on calcule, on évalue, on jauge... La lune, 73 milliards de millards de tonnes comme autant de possibilités, autant de milliers de tonnes de minerai de ceci, de cristaux de cela, et autant d'espoirs de gain alors, immédiatement, avant même d'être arrivé sur place, l'humain imagine... Une mine ici, un forage là, et d'ici peu sur notre satellite, des machines au travail, de la fumée, de la poussière, des explosions et des terrils, crassiers et autres poussiers qui fleuriront sous le soleil !

Et, déjà, pourquoi ne pas viser plus haut, la lune ne sera qu'une étape. Polluer la terre, piller la lune, juste quelques répétitions avant d'attaquer la galaxie entière, forer des mines sur mars, retourner le sol de toutes les planètes solides, exploiter les gaz présents sur les géantes gazeuses, au risque de laisser partout les traces du passage des humains comme autant de cicatrices, de plaies et d'ulcères.

Mais l'univers, n'est-il là que pour cela ? Cet univers dont on dit qu'il est infini, l'est-il vraiment ? Cet univers dont les humains ne perçoivent que ce que leurs yeux peuvent appréhender, qu'est-il définitive ?

On peut imaginer qu'une amibe perçoit la mare dans laquelle elle nait, vit et meurt, comme un univers immense et complexe obéissant à des lois physiques que sa trop courte existence ne lui permet pas de comprendre. De même, sauter du dos d'un chien à un autre semble-t-il, à une puce, être un exploit semblable à celui de l'astronaute qui s'envole dans la stratosphère. Chaque plus petit existe dans la périphérie d'un plus grand sans jamais le voir en entier. La vie des plus petits passe vite au yeux des plus grands et ces plus grands sont souvent des petits aux yeux des géants auprès de qui ils vivent, alors que les mêmes géants ne sont que des puces pour les chiens. Les petites abeilles sont elles-même victimes d'un parasite qui les ronge de l'intérieur, elles sont aussi les proies du guêpier, oiseau bien petit à coté d'un humain et ainsi de suite partout dans le monde connu.

Ce pourrait-il alors que ne soyons que les parasites d'un organisme bien plus grand ?

Que la terre ne soit qu'une partie de cet organisme géant, que la présence de l'humanité sur cette partie soit assimilable à une infection et le voyage vers la lune comme la progression d'une métastase.

Ce pourrait-il que cet hôte gigantesque, dont la vie se compterai en millions de nos années, considère l'humanité comme le microbe à abattre et que depuis notre apparition, il tente de se débarrasser des humains en créant des médicaments destinés à nous éliminer ?

Il aurait alors tenté tour à tour, la peste et le choléra et ayant échoué se pourrait-il qu'il ait tenté sa chance en 2019, avec le petit nouveau, le Covid ?

                                                                                                                                                           E. W.

                                                                            Mai 2021

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