Ed Photos - Blog de Photographie
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Apis mellifera & co.

Publié le : 15/05/2018

  Apis mellifera

                 & co.

 

 

       Star depuis quelque temps pour tous les amateurs de nature et d'écologie, la mouche à miel est au centre de tous les débats. Ce petit hyménoptère, s'il fait beaucoup parler, est souvent bien mal connu. Sa propension à piquer les indiscrets en fait un sujet difficile à approcher, ce que la photographie permet de contourner en toute sécurité.

        L'abeille est un insecte, elle a donc une tête indépendante du thorax, 3 paires de pattes accrochées sur le thorax, et comme la plupart des insectes adultes, elle a aussi 2 paires d'ailes.

       C'est un hyménoptère, elle a des mandibules et des pièces buccales qui lui permettent de lécher et d'aspirer des liquides. Les abeilles sont végétariennes, elles se nourrissent du nectar des fleurs qu'elles utilisent, ainsi que le pollen, pour fabriquer miel et gelée royale. C'est cette aptitude à produire du miel qui rend les abeilles si sympathiques aux gourmands et qui leur fait oublier que leur abdomen est terminé par un dard.

       Bien loin de l'image enfantine de la petite abeille au costume rayé de jaune vif et de noir, l'abeille dite « domestique » est plutôt brune. Elle pèse à peine 70 à 80 mg et ne mesure guère plus qu'une quinzaine de millimètres. Elle vit en groupe, ces groupes sont appelés colonies, ces colonies ont en leur centre une reine. Cette souveraine ne porte aucune couronne, mais elle est reconnaissable à sa grande taille. Créée par les abeilles elles-mêmes, qui l'élèvent dans des alvéoles spéciales et la nourrissent de gelée royale, cette future souveraine est conçue pour remplacer la vieille reine. Deux reines ne cohabitent jamais, et lorsqu'une nouvelle éclos, l'ancienne doit s'exiler.

 

            C'est ainsi que l'on peut voir, au printemps, des groupes d'abeilles voler dans la campagne. Ces groupes sont appelés essaims, c'est la période de l'essaimage. La nouvelle reine va effectuer son vol nuptial, le seul de sa courte vie, dans le bleu du ciel elle sera rejointe par un mâle, appelé faux-bourdon. Celui-ci, élevé à cette fin par les abeilles, doit féconder la reine. Ce vol nuptial signera la condamnation à mort du père de toutes les futures abeilles à venir.

Les apiculteurs modernes, soucieux de ne pas affaiblir leurs ruchers, font leur possible pour limiter ces essaimages sauvages, en apiculture comme dans le reste, rien n'est plus laissé au hasard... L'abeille a intéressé les hommes dès l'antiquité, chaque continent a vu se développer ses propres abeilles.

Oh ! Merveille de la nature, chacune de ces « avettes » bien adaptée à son milieu, à sa flore, à son climat. Cela ne pouvait pas continuer indéfiniment, l'homme, devenu « apiculteur » allait faire évoluer tout cela.

Croise tes abeilles avec les miennes : celles qui résistent à la chaleur croisées avec celles qui, dans un climat tempéré, donnent beaucoup de miel, mais craignent les élévations de température, celles que j'ai avec celles que tu as, et ainsi sont apparues des hybrides. La plus connue, présente en Europe, est l'abeille Buckfast.

Reconnaissable aux anneaux orangés de son thorax, « créée » par un moine bénédictin anglais, le célèbre apiculteur frère Adam, elle est bien intégrée mais il arrive que des hybridations donnent des résultats bien moins réussis, ainsi, les abeilles tueuses qui

se sont installées dans un grand nombre d'États Américains, résultat d'un croisement entre des souches d'abeilles endémiques américaines et des reines africaines...

Les abeilles « domestiques » vivent en colonies, dans des ruchers où sont regroupées des ruches. La forme et la composition de ces ruches varient d'un continent, d'un pays et même d'une région à l'autre. Il existe des ruches en bois, en torchis, en paille, certaines toujours utilisées, mais le plus souvent remplacées par le modèle moderne de ruche à cadres mobiles, mais ceci est une autre histoire.

                   Pour cette fois, restons avec les abeilles, mais avec d'autres membres de cette grande famille.

Toujours libres, elles, de mener leur vie comme elles l'entendent (si les pesticides leur en laissent le loisir) il existe d'autres abeilles, les abeilles « solitaires ». Ces individualistes ne produisant jamais de grosses quantités de miel, elles n'intéressent donc que les chercheurs de petites bêtes, les amoureux de la biodiversité et les photographes.

Les coquelicots cette année ont reçu la visite de trois

cousines qui se ressemblent beaucoup.

C'est le pistil du coquelicot qui servira de mesure témoin.

La première de ces abeilles est une solitaire. Elle porte le nom d'Andrenidae.

Elle est en tout point conforme à une abeille domestique, comme elle, elle butine mais elle est beaucoup plus petite que sa cousine,

l'abeille domestique, Apis mellifera,

elle-même plus petite que l'osmie, la plus imposante des trois. Ces trois abeilles semblables et diffé-rentes à la fois, sont d'actives pollinisatrices mais elles ne sont pas les seules à visiter nos jardins...     

 

Dans la grande famille voici celles que l'on nomme abeilles charpentières parce qu'elles creusent leurs nids dans du bois. Les Xylocopa violacea ont, tout comme les abeilles, un dard et peuvent piquer à l'occasion...

La grande taille de ces abeilles

charpentières en fait de parfaites pollinisatrices pour les acanthes et les fleurs de la passiflore mais elles ne dédaignent pas les fleurs du cognassier du Japon.

 

          Les hyménoptères forment un « Ordre » dont les représentants sont très nombreux.

On estime à plus de 100 000 les espèces qui le composent, mais toutes ne fréquentent pas nos jardins.

        Si les abeilles restent les plus souvent observées, leurs parentes les guêpes, sont souvent les invitées surprises des repas d'été. Nombreux sont ceux qui ne font pas aisément la différence entre abeille, Apis mellifera, et guêpe, Vespula vulgaris. Là encore, la photographie permet de les approcher sans risque de piqure. Comme l'abeille, la guêpe à une tête indépendante, un thorax, 3 paires de pattes et des ailes, mais sa silhouette est bien différente. On dit une taille de guêpe et non pas une taille d'abeille... La couleur est plus franchement jaune, le corps dépourvu de poils et, contrairement à l'abeille, la guêpe peut piquer plusieurs fois. La raison en est simple. Le dard de l'abeille est pourvu de « barbillons » qui s'accrochent dans la peau et y restent fixés. La partie terminale de l'abdomen de la piqueuse est arrachée lorsque celle-ci s'éloigne de sa victime et l'abeille meurt peu après. La guêpe, elle, comme son proche parent le frelon commun, a un dard lisse qui ne s'accroche pas et permet des piqures multiples...

 

Un nouveau venu s'est installé depuis peu dans nos contrées. J'ai nommé monsieur Vespa Velutina, ou frelon asiatique. Redouté, détesté, mal-aimé, mais désormais bien installé, il fait à présent définitivement partie des visiteurs plus ou moins désirables du jardin.

 

 

 

                La  grande  passion  dont  fait  preuve  l'opinion  publique  pour  les abeilles depuis quelques années ne doit en aucun cas occulter le fait que des milliers de personnes dans nos villes et nos villages sont allergiques aux piqures de ces intruses. Les allergies au venin d'abeille, de guêpes et de frelon ne sont en aucun cas à prendre à la légère et l'installation de ruches dans les jardins des particuliers, sans contrôle, me semble de nature à créer dans des très brefs délais de graves problèmes...

1 seule piqure d'abeille peut tuer en moins d'un quart d'heure une personne allergique.

Les allergies ne se manifestent jamais lors de la première piqure, les non-avertis sous-estiment généralement l'ampleur du problème et on déplore chaque année des décès.

Si vous installez des ruches chez vous, pensez à vos enfants, à vos amis, à vos voisins, on ne sait pas toujours où se trouve le plus proche allergique.

 

      Même sans ruche, les hyménoptères sont déjà nombreux dans nos jardins. Le printemps voit revenir les bourdons et leurs couleurs vives.

Le plus connu est le bourdon terrestre, Bombus terrestris, qui creuse son nid dans le sol et qui enchante les yeux avec sa « tenue » jaune, noire et blanche.

  

Ses deux cousins : le bourdon    roux, sur les fleurs des acanthes

 

et le Bombus pascuorum lui, du meilleur effet sur les fleurs de la sauge.

 

                   

 

 

Impossible de clore cette promenade au milieu des hyménoptères sans rappeler que les fourmis en font partie et que, bien que discrètes, elles sont très nombreuses et qu'elles piquent aussi !

 

 

 

 

E.W.

Commentaires

Moondragon - le 19/05/2017 21:36
Ce ne sont pas des z'encouragements, ce sont des gros z'insectes, fabuleusement photographiés !Du travail de grand pro ! Nur Fabulous !!! :-)
Ed Photos - le 20/05/2017 09:45
C'est juste que la nature est très belle !
Cobette - le 18/05/2017 11:21
Quelle belle promenade !!!! Quel bel article !!!! C'est passionnant et riche en informations ! Bravo !!! A faire circuler !!!! Bise
Ed Photos - le 19/05/2017 10:31
Merci pour ces encouragements enthousiastes !

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